Bibliographie et extraits

BIBLIOGRAPHIE DE PAUL COBAN

 

Nous présentons ci-après une première version de la bibliographie de Paul Coban. À notre connaissance, personne (et surtout pas le poète lui-même !) n’a jusqu’à présent tenté d’établir une telle liste. Celle que nous présentons est par essence très incomplète, surtout en ce qui concerne les monologues et les plaquettes d’art. Elle sera complétée au fil des mois et des redécouvertes !

Nous recensons les écrits imprimés en dehors de toutes les innombrables œuvres manuscrites restées inédites. Les carnets et papiers de Paul Coban conservent en effet de très nombreux textes et poèmes non édités (AD 17, AD 94, L’Atelier Coban et Louise Lamarche à Limeil-Brévannes).

Nous listons ainsi :

·        5 ouvrages

·      12 monologues

·        4 plaquettes d’art regroupant 10 poèmes

·      31 poèmes en plaquettes

 

Les quatre plaquettes d’art, toutes de grand format, ont été réalisées par des imprimeurs qui, sauf exception, ne sont pas mentionnés. Leur chronologie reste à établir.

Les autres poèmes ont, pour la plupart, été édités sous formes de plaquettes de quatre pages, sous couverture illustrée, ou avec illustration au 1er plat. Elles ont été imprimées par l’auteur lui-même sur ses presses à bras. Quelques-uns, notés FI, sont édités sur de simples feuillets imprimés.

À terme, l’ensemble des poèmes imprimés pourrait faire l’objet d’une édition groupée de manière à en assurer une divulgation rétrospective.

 

Gérard Chagneau

Local Editions

Saint-Pierre d'Oléron



1   – LES OUVRAGES







Sagesse éternelle –

suivi de trois essais

Limeil, éd. Gaie-Science, 1954,

Paris, imp. presses de l’Hôtel de Sagonne,

Illustration de couverture, 13 illustrations et lettrines de l'auteur,

3 bois originaux de Gabriel Mandel,

préface d’un docteur en médecine.

101 p., 14x22 cm, 1 000 ex.

dédié au docteur Robert Sauvageot.

Une version numérique est diffusée conformément    à la loi n° 2012-287 du 1er mars 2012 relative à l'exploitation numérique des livres indisponibles du 20e siècle





 

Au Céleste empire

Limeil, éd. Gaie-Science,

Biarritz, imp. Cino del Duca,

1960, broché, 207 p., 14x22 cm,

Couverture souple rempliée illustrée d'un dessin bi-couleurs,

En frontispice gravure de Jean Lébédeff, lettrines et cul-de-lampe de l'auteur,

1 000 exemplaires

 






 

Mon Pèlerinage

Limeil – 94, éd. Gaie-Science,

Paris, imp. Dominique Viglino,

1971, 211 p., 14x22 cm,

couverture souple rempliée

frontispice d’Élie Pésatori,

Préface de Marcel Pagnol,

couverture, lettrines et 8 bois hors texte en couleur de l’auteur, 1 770 ex. numérotés.

 



Point trop n’en faut – poèmes

Limeil-Brévannes, éd. Assoc. L’Atelier Coban

2020, 226 p., 15x21 cm,

154 ill. n&b et couleur,

ISBN 978-2-492125-01-0, 25 €

 








Ma Boutique de poésie

St-Pierre d’Oleron, éd. LOCAL et

Limeil-Brévannes - 94, éd. L’Atelier Coban, Postface, Biographie et Bibliographie,

2022, 230 p., 14x21 cm

ISBN 978-2-905685-31-5, 12

 

 

 




2   – LES MONOLOGUES

Les 12 monologues ci-après datent tous de la fin des années 40 ou du début des années 50 :

 

1           Ça ne m’intéresse pas !, 1949, 3 p., 14x19 cm

2           Fraîcheur pastorale, 3 p., 16x25 cm

3           Il était sur son Char… ou les véhicules dans l'histoire de l'homme, 1952, 3 p. 16x24 cm

4           Insigne de France, 1949, 3 p.14x19 cm

5           La Guerre Paludéenne - Monologue inoffensif, 3 p., 16x24 cm

6           Le Pantalon Féminin - Monologue pour Féminin à tendance Masculine, 1945, 3 p., 16x24 cm

7           L'Équilibre Justicier - Comique Proposition pour une Future Loi Indispensable, 3 p., 15x23 cm

8           L’Ultime solution, 3 p.

9           Message d’espoir, 3 p., 16x25 cm

10         Mouvement Cyclique, 3 p. 14x21 cm

11         Pelures d’Orange, 1949, 1 p.

12         Terre cuite, 1952, 4 p. 14x21 cm

 



 

 

 

 

3   – LES PLAQUETTES D’ART


Dernier avertissement : 

Domino

Faux poète

Émulsion

Ed. Gaie Sciences, sd (1974),

8 p. + 4 p. (couv.), 22x28 cm, gravures sur bois

 

La bonne fortune

Comprend :

La Tendresse

Chercherez-vous l’espoir

Sl (Limeil, Gaie Science), 5 février 2001, 500 ex.

Paris, imp. Le Soleil, 8 p. + 4 p. (couv.), 22x28 cm,

Préf. de Pierre Bellégo, sur papier pur chiffon, Couv. de Paul Coban autour d’un dessin d’Alexis Hinsberger



Tendre civilisation

Comprend :

Cosmopholie

Tendre Civilisation

Au Nom de la Paix

sn (chez l'auteur),

sl (Limeil-Brévannes), sd (circa 1960),

8 p. + 4 p. (couv.), 23x30 cm

 

Tomates rapides

Comprend :

Brimades (Vous vous êtes moqués…)

Un poème vieux de trois heures...

Limeil, éd. Gaie science

sd, 8 p. + 4 p. (couv.), 23x31 cm

 

 

 

 

4   – LES PLAQUETTES DE POÉSIES

 

1       Amour Fou, 4 p., 16x25 cm, 6x4 vers

2       Au secours 4 p., 16x25 cm, 10x4 vers

3       Avec le Sourire, 4 p., 16x25 cm, 8x4 vers

4       C’est la fête, 4 p., 16x28 cm, 9x4 vers, préf. Eugène Ionesco

5       Conjectures, 4 p., 13x18 cm, 8x4 vers

6       Délicate Intention, 4 p.+ couv., 16x28 cm, 8x4 et 9x4 vers

7       Des Bêtises, 20 03, 1 p. 21x30 cm, 6x4 vers

8       Droit à la vie, 4 p., 13x18 cm, 8x4 vers

9       Encore et Toujours – Tickets, Méditation poétique

1949, 3 p., 14x19 cm, augmenté et modifié, 19x4 vers, FI

10     Exhortation, 2 p., 15x21 cm, 5x4 vers

11     Fini l'amour, 4 p., 14x21 cm, 16x4 vers, FI

12     Haute baignoire, préf. de Michel Serres,

4 p., 17x28 cm, 9x4 vers

13     Hymne au peuple hongrois, 1957, 4 p. 16x25 cm, 8x4 vers

14     Inconséquence, 4 p., 14x20 cm 13x4 vers

15     Joyeuses Corvées, 4 p. 14x21 cm, 13x4 vers

16     La Dalle de Nice, 3 p. 12x4 vers

17     Les Droits de la femme, 1989, 4 p., 16x25 cm, 16 articles

18     Lunik, 4 p., 16x24 cm, 10x4 vers

19     Minuit Tapant, 2 p., 16x25 cm, 9x4 vers

20     Made in France, préf. de Paul Guth, 1993,
8 p., 17x28 cm, 9x4 vers

21     Muguet (ou Cœur de muguet), 1990, 4 p., 16x25 cm, 10x4 vers 

22     Nativité, 2 p., 16x25 cm, 10x4 vers

23     Numéro gagnant, 4 p., 16x25 cm, 7x4 vers

24     Poète, dois-je me soumettre, 1 p. 21x30 cm, 5x4 vers

25     Prends Pitié (ou IMO Pectore), préf. de Pierre Bellégo,
4 p., 17x28 cm, 8x4 vers

26     Réunion au sommet, 4 p., 16x25 cm, 12x4 vers

27     Sans Façon, 4 p., 4x22 cm, 51 vers

28     Si j'étais Prisonnier Allemand ! Confidences d'un Loup-Garou, 1945, 3 p., 16x24 cm, 19x4 vers, FI

29     Surprise Partie, 1958, 3 p. 14x21 cm, 9x4 vers, 1ère œuvre réalisée à la presse à bras, à Limeil, le 14 juillet 1958

30     Thon coulant, 4 p., 16x28 cm, 9x4 vers

31     Ultime chance … notre planche de salut ! 4 p., 16x24 cm, 10x4 vers



PLAQUETTES D’ART ET

POÈMES IMPRIMÉS

mentionnés dans le texte de

MA BOUTIQUE DE POÉSIE

* Non retrouvé à ce jour


Au nom de la paix                      190

Avec le sourire                            185

C’est la fête                                  131

Dernier Avertissement               25, 34, 44, 146, 147

Domino                                         165

Émulsion                                      16

Inconséquence                             85

Joyeuses Corvées                        120, 123

Les Hauts Cris*                          112

Prends Pitié                                 97, 116

Sans Façon                                   173

Tendre Civilisation                     116, 145

Tomates rapides                          157

 


POÈMES INÉDITS

publiés dans le texte de

MA BOUTIQUE DE POÉSIE

 

Tout pour le ventre, rien pour l’esprit                          43

Lassitude                                                                             53

Triste dimanche                                                              127

De plus pauvres, je sais qu’il en existe                        147

Sur le marché de Saint-Pierre – 5 août 2007               155

Comme la source va rejoindre son fleuve                   162

Pour que ton rêve                                                            163

Qu’es-tu devenu « Vieil ami » ?                                    181

Alors que j’avais le front penché                                  192

 

TROIS POÈMES SUR OLERON

 

Dans la plaquette d’art Dernier Avertissement :

-         Domino

En plaquette imprimée par Paul Coban :

-         Amour Fou

Gravure de couverture d’après un dessin de Dominique Barreau

Publié dans le présent ouvrage (p. 155) :

-         Sur le marché de Saint-Pierre

 





 

Extraits du livre "Ma boutique de Poésie"





« Et les jours passent avec la même angoisse, avec les bruits du silence. Et les gens aussi passent, le plus souvent la tête basse, les mains chargées de provisions de bouche comme pour la guerre de cent ans, parfois en possession d’un chien aussi silencieux qu’eux. Maintenant, avec l’autorisation –que dis-je- l’approbation de la marée chaussée, je leur adresse la parole devant ma porte :

-          Vous êtes devant la boutique de Poésie de Paul COBAN, cette boutique est unique au monde. On ne la trouve ni en Amérique, ni en Australie, ni au Japon, pas même à Paris…  Sur les 42 000 kilomètres de circonférence du globe, beaucoup de cinémas, de librairie, une seule boutique de Poésie.

Et un gavroche échappé de Montmartre, très admiratif :
- C’est beau le monopole ! »

  « Vous le savez déjà, je suis en bout de ville, mais ce bout de ville conduit en partie au marché, je dis en partie car par malheur un boyau, situé quelques boutiques plus haut, déferle sur la place de la lanterne des morts le trop-plein du centre-ville. Le marché se trouvant donc dans mon dos, mille consommateurs passent devant la boutique dans la matinée à la même cadence, sac à la ceinture et cabas en main, avec un seul cri dans la gorge : « nous n’avons pas le temps ! ».
Malgré leur refus de s’intéresser à mon art, ces gens pressés me respectent un peu. Bien plus que les autres qui restent muets me considérant comme une quantité négligeable. D’ailleurs pour eux, me répondre serait déjà un début de défaite, ils fuient mon approche, ils fuient ma voix, ils fuient l’engagement, ils fuient même leur responsabilité. Tout pour le ventre, rien pour l’esprit.
Le matin, c’est la course à la bouffe
 Le midi, c’est le repas
L’après-midi, c’est le repos
Le soir, c’est le répit
À la fin de la semaine, ils sont tous repus. »





«  Sur la vitre de la porte d’angle de ma boutique donnant face à la route de Boyardville, c’est-à-dire face à l’école Pierre Curie pour ceux qui connaissent l’endroit, lassé de ne voir personne, je mis une affichette : « C’est ouvert ! Et si vous ne pouvez pas ouvrir la porte, je vous paie un fortifiant ».
Alors de nombreux passants s’arrêtent, lisent et rient, mais ne rentrent pas pour autant. Avouez que l’on peut se demander parfois à quoi sert l’esprit.
Alors pour contrebalancer cette malchance permanente si l’on peut dire, je glisse pour ne pas encourager les railleurs une feuille où s’étalent ces mots :
« Vos yeux pleurent, mais jamais de tendresse pour le poète affamé. Du courage, entrez vite ! »
Voyant tous mes efforts restés sans résultat, sur l’autre pancarte crème extérieure à gauche de la vitrine, j’inscris sans rage et sans amertume :
« La Poésie n’est pas faite pour les chiens, elle est faite pour vous »
Celle-là encore plus que les deux autres ne servit que de pierre d’achoppement. Les braves mémères sortant leur toutou vinrent me jeter à la face :
-          Vous n’aimez pas les bêtes, hein ?

Ce qui laisse sous-entendre :
-          Vous n’aimez pas les gens

L’être adorable qui vit à mes côtés aujourd’hui sait combien je suis un homme d’ordre, je mets chaque chose à sa place et j’évite de mélanger les torchons et les serviettes. Ce qui veut dire en court, je reste à ma place.
Mais bien souvent, devant cette ironie des passants, je tends les clefs de ma porte :
-          Si vous voulez prendre ma place, je vous laisse tout le matériel et ma boutique. Je suis prêt à m’en aller ailleurs si vous le décidez. »



« Il m’en coûte beaucoup de réveiller les morts, c’est-à-dire des gens ignorants, non préparés ou tout simplement avares ? Car nous sommes tous avares… Avares de notre temps, avares de notre sourire, avares de notre accueil, je ne parle pas de notre argent.
Car depuis Mathusalem, les bas de laine sont souvent tricotés pour y placer des Louis d’or. Quoi de plus facile d’être opportuniste en flattant les bas instincts de l’homme en lui disant : « Économise ! Épargne ! » Alors que d’instinct, il le fait sans fatigue et avec plaisir.
 J’aurais dû marquer au jour le jour mes douleurs et mes angoisses pour vous les faire partager.

Vous pouvez me répondre :

 « Est-ce bien utile ? »

Oui, pour tenter de devenir meilleur, pour ne pas suivre l’exemple des autres, pour devenir plus humain et ne croyez pas que ce sont des mots. Lorsque vous serez seul, affamé, malheureux de ne plus être compris. Là et seulement là, vous comprendrez ces lignes et vous ne penserez plus que ce sont des mots placés les uns à côté des autres.
Lorsque vous vous serez dépensé à circuler dans les rues pour trouver un peu d’attention –je ne dis pas un peu d’affection- ici et encore là, vous comprendrez qu’un écrivain a réellement sa place dans la société, qu’il n’est pas seulement l’initiateur, mais aussi le confident.
Celui qui n’a pas souffert les mêmes maux que son voisin ne peut le comprendre.
Par la dureté s’engendre la cruauté, par l’appât du gain s’élève un mur d’airain qu’aucun homme ne peut franchir.
Quel est l’homme qui puisse dire qu’il suffit d’attendre pour être consolé ?
Le drame total commence justement là où les amis ne sont plus d’aucun secours. Regarder un ami et voir sur lui, le masque de sa propre rigidité ! Sentir que toutes les valeurs disparaissent pour ne plus laisser la place qu’à l’argent et qu’une demande quelle qu’elle soit est prise pour une amputation à la liberté.
Parfois, un être timide et qui au prime abord peut paraître insignifiant, sous la demande ou l’interpellation du poète, s’éveille. Son masque de raideur tombe, pour laisser transparaître une émotion émouvante.
 Ils sont rares, il est vrai, de tels êtres, mais ils existent et ces rencontres permettent au Poète d’espérer, de survivre et d’attendre. »




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